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04.07.22 Expertise comptable et accompagnement

Comment intéresser les jeunes diplômés ?

La question est à double sens bien sûr, selon que l’on considère l’intérêt sous l’angle de la motivation des jeunes diplômés ou celui de la participation aux résultats de l’entreprise. Pour autant, ces deux notions semblent objectivement se recouper de plus en plus désormais.

Par Stéphane Barbier de la Serre, éditiorialiste Denjean & Associés

Un paradoxe des jeunes diplômés ?

Si l’on part de l’angle de la motivation, il est clair que les jeunes diplômés ont aujourd’hui une vision de l’entreprise nettement plus holistique que celle de la génération précédente. Ils sont tout d’abord plus mobiles et ce à tous les sens du terme. Mais surtout, au premier rang de leurs préoccupations figure la responsabilité sociétale de leur employeur et l’accent que ce dernier met sur les dimensions environnementales, sociales et de gouvernance. En un mot, employeur doit pour eux impérativement rimer avec valeurs. Mais, concomitamment, n’est-il pas frappant de constater qu’ils n’ont vraisemblablement jamais eu une conscience plus aiguë, plus précise, plus viscérale, de leur propre valeur, au sens de valeur de marché ?

A la croisée des valeurs

Un tel paradoxe n’est peut-être toutefois qu’apparent. Car, dans le paradigme régissant pour l’heure l’offre et la demande de compétences et autres talents, au nom de quel principe les jeunes diplômés n’auraient-ils pas le droit, comme tous les autres agents économiques, d’avoir des anticipations rationnelles ? Nul jugement – de valeur là encore… – donc. Mais ce constat permet de mieux saisir l’enjeu véritable pour les employeurs aujourd’hui : pour attirer les meilleurs candidats, il importe pour les entreprises en général et les PME en particulier d’optimiser leur positionnement à la croisée de deux échelles : l’échelle des valeurs d’une part et celle des salaires d’autres part.

Actionnariat salarié la solution optimale ?

La notion de salaire doit bien évidemment être ici appréhendée dans son sens le plus large, la rémunération globale, qui inclut des éléments tels que prime, bonus, intéressement ou encore participation.

Toutefois, ces éléments étant présents, et de surcroît de longue date, dans de très nombreuses entreprises, ils ne représentent plus un caractère vraiment différenciant pour les jeunes diplômés. Il en va en revanche tout autrement de l’actionnariat salarié. Selon une intéressante étude Eres-OpinionWay menée auprès de 418 entreprises non cotées du secteur privé, 9 % des entreprises de l’échantillon seulement ont déjà mis en place un plan d’actionnariat salarié. Mais surtout, le taux d’équipement en la matière progresse très rapidement, notamment à la faveur de certaines dispositions la loi PACTE du 22 mai 2019. Selon l’étude, 12 % des PME auront mis en place un tel plan en 2025 soit un triplement en à peine 10 ans. De fait, n’y a-t-il pas là un vrai pacte gagnant-gagnant entre les entreprises et leurs salariés ? Ainsi, toujours selon l’étude, près de 75 % des PME pratiquant l’actionnariat salarié ont constaté des effets positifs tant sur la fidélisation de leurs salariés que leur motivation et implication. Quant aux salariés eux-mêmes, leur engouement croissant pour le dispositif est attesté par les volumes de souscription à ces plans, en augmentation de 50 % sur un an, passant de 2,5 milliards d’euros en 2020 à 3,7 milliards, qui constitue un record historique. Et, de facto, la loi PACTE susmentionnée a rendu le dispositif largement plus attrayant de leur point de vue (notamment en matière d’abondement de l’entreprise, de partage de plus-value de cession ou encore de décote pouvant désormais aller jusqu’à 30 % du prix des titres).

L’actionnariat salarié apparaît ainsi, en utilisant une terminologie plus contemporaine, comme un vrai partenariat win-win, dans le temps long et dans une approche de plus en plus collective qui plus est. Et, de manière plus philosophique, n’est-il pas pleinement cohérent que les jeunes salariés, qui demandent aux entreprises de souscrire à leurs valeurs aient en retour pleinement vocation à souscrire aux valeurs, mobilières cette fois, de ces dernières ?

Stéphane Barbier de la Serre sur LinkedIn>>.

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